La machine de la photo ci-dessous nous est arrivée à l'atelier avec un diagnostic simple, donné par son propriétaire : « elle s'éteint toute seule, elle est morte ». Elle n'était pas morte. Elle était pleine de poussière. Après une heure de nettoyage et une noisette de pâte thermique, elle est repartie pour plusieurs années.
Ce cas n'a rien d'exceptionnel : c'est l'état de la moitié des machines que nous recevons. Et c'est aussi la panne la plus facile à éviter, parce qu'elle ne demande ni pièce détachée, ni compétence particulière, ni budget. Juste un tournevis, un peu d'air, et une heure devant soi.
Ce guide est écrit pour quelqu'un qui n'a jamais ouvert un ordinateur. Il couvre les deux cas, la tour et le portable, du premier tournevis au redémarrage. Lisez-le en entier avant de commencer : quelques gestes coûtent cher, et ils sont signalés.
En résumé
Une machine encrassée chauffe, se bride, ralentit, puis s'arrête. Le nettoyage se fait machine débranchée, à l'air sec, jamais à l'aspirateur, en bloquant les pales des ventilateurs, et sans jamais ouvrir l'alimentation. Comptez une heure pour une tour, une à deux heures pour un portable. Une fois par an suffit dans la plupart des foyers.
1. Ce que la poussière fait vraiment à votre machine
Un radiateur qui ne radie plus
Un processeur ne se refroidit pas tout seul : il transmet sa chaleur à un bloc de métal couvert de fines lamelles, les ailettes, et un ventilateur pousse de l'air entre ces lamelles pour emporter la chaleur. Tout repose sur deux conditions : que le métal soit au contact de l'air, et que l'air circule.
La poussière détruit les deux. Elle se dépose sur le métal en une couverture feutrée, et cette couverture est un excellent isolant, exactement comme la laine d'un pull. Puis elle bouche l'espace entre les lamelles, et l'air ne passe plus. Un radiateur bouché ne refroidit pas moins bien : il ne refroidit presque plus du tout.
La machine se bride, puis elle s'éteint
Un processeur moderne surveille sa propre température en permanence. Quand elle approche de sa limite, autour de 100 °C, il ne grille pas : il réduit sa fréquence pour produire moins de chaleur. C'est ce qu'on appelle l'écrêtage thermique, ou throttling. La machine continue de fonctionner, mais elle tourne à la moitié de sa vitesse.
C'est la clé de tout le sujet : un ordinateur encrassé ne semble pas malade, il semble vieux. Il rame, il met du temps à ouvrir une page, il bloque quelques secondes. Son propriétaire en conclut qu'il est dépassé et le remplace, alors qu'il aurait suffi d'un quart d'heure d'air comprimé. Si la chaleur continue de monter malgré le bridage, la carte mère coupe l'alimentation d'un coup, pour se protéger : c'est l'extinction brutale, sans message, souvent en plein travail.
Ce qui s'use derrière, et qui ne se répare pas
Les conséquences ne s'arrêtent pas à la lenteur. Un ventilateur qui tourne en permanence à plein régime, parce qu'il essaie de compenser, use son palier en quelques mois : c'est le grondement, puis le cliquetis, puis l'arrêt. L'alimentation, dont le propre ventilateur est bouché, cuit ses condensateurs et finit par lâcher. Sur un portable, les cycles thermiques répétés fatiguent les soudures de la carte. Et une couche de poussière chargée d'humidité, dans une cuisine ou une pièce mal ventilée, devient légèrement conductrice.
Enfin, il y a un vrai risque d'incendie, rare mais documenté, quand un feutrage épais s'accumule à l'intérieur d'une alimentation.
Les signes qui ne trompent pas
- Le ventilateur se met à souffler fort dès que vous ouvrez un navigateur, alors qu'il était silencieux avant.
- L'air qui sort à l'arrière est franchement chaud, et il sent la poussière chaude.
- La machine s'éteint seule, surtout en été ou pendant une visioconférence.
- Sur un portable : le dessous devient brûlant, et les grilles latérales ne soufflent presque plus rien.
- Les ralentissements arrivent après quelques minutes d'utilisation, pas au démarrage. C'est la signature de l'écrêtage thermique.
Si vous cochez trois de ces cases, arrêtez de chercher ailleurs. Notre guide de diagnostic général place d'ailleurs la poussière en tête des causes de surchauffe.
2. Le matériel : moins que vous ne croyez
| Outil | À quoi il sert | Remarques |
|---|---|---|
| Tournevis cruciforme PH1 et PH2 | Ouvrir le boîtier, déposer les ventilateurs | C'est 90 % du travail. Un PH0 en plus pour les portables. |
| Air sec : bombe d'air comprimé ou souffleur électrique | Décoller et chasser le gros du dépôt | Le souffleur électrique se rachète en trois bombes et ne produit aucun déchet. C'est ce que nous utilisons à l'atelier. |
| Pinceau souple (soies naturelles) ou brosse antistatique | Décoller le feutrage collé avant de souffler | Un pinceau à peinture large et propre fait très bien l'affaire. |
| Chiffon microfibre sec | Essuyer les surfaces plastiques et la tôle | Sec sur l'électronique. Légèrement humide uniquement sur le boîtier vide. |
| Pince à épiler ou brucelles | Extraire le bouchon de poussière d'un radiateur de portable | L'outil décisif du portable. |
| Coton-tiges et alcool isopropylique 90 % | Retirer l'ancienne pâte thermique | Uniquement si vous démontez le radiateur. En pharmacie ou en magasin d'électronique. |
| Pâte thermique | Refaire le contact processeur / radiateur | Un tube de 4 g suffit pour une vie entière de bricoleur. |
| Boîtes ou coupelles, ruban adhésif, feuille de papier | Trier les vis et savoir où elles retournent | Indispensable sur un portable. |
| Votre téléphone | Photographier chaque étape | L'outil le plus utile de la liste, et vous l'avez déjà. |
| Masque anti-poussière (facultatif) | Ne pas respirer ce que vous chassez | Sur une machine comme celle de la photo, ce n'est pas du luxe. |
Ce qu'il ne faut surtout pas utiliser
- L'aspirateur. C'est l'erreur la plus répandue. Le frottement de l'air et des particules dans un embout plastique génère de l'électricité statique, et une décharge que vous ne sentirez même pas suffit à tuer un composant. L'aspiration emballe aussi les ventilateurs. Le seul usage acceptable : tenir l'embout à distance, hors du boîtier, pour récupérer le nuage que vous soufflez.
- Le compresseur du garage. Trop de pression, et surtout de l'huile et de l'eau dans le circuit, qu'il projette sur la carte.
- Le sèche-cheveux. Il chauffe, il charge en statique, et il pousse l'humidité de la pièce dans la machine.
- Souffler avec la bouche. Vous projetez des gouttelettes.
- L'eau, les produits ménagers, le nettoyant pour vitres. Rien de liquide ne touche une carte électronique, à l'exception de l'alcool isopropylique sur la zone précise à nettoyer.
- Les chiffons pelucheux et le papier essuie-tout. Ils laissent des fibres exactement là où vous venez de faire le vide.
3. Les six règles de sécurité
- Débranchez tout, et retirez le cordon secteur du boîtier, pas seulement de la prise murale.
- Videz les condensateurs : une fois débranché, appuyez cinq secondes sur le bouton de démarrage. Cela évacue la charge résiduelle de la carte.
- Déchargez-vous en touchant une partie métallique nue et non peinte du boîtier avant de toucher quoi que ce soit. Recommencez régulièrement. Évitez le pull en laine et travaillez sur un sol dur plutôt que sur de la moquette.
- Sur un portable, débranchez le connecteur de la batterie interne dès que la trappe est ouverte, avant toute autre manipulation.
- Photographiez avant de débrancher quoi que ce soit. Un câble de ventilateur oublié au remontage, et la machine repart en surchauffe.
- Ne forcez jamais. Dans un ordinateur, tout se démonte sans effort une fois la bonne vis retirée. Si ça résiste, c'est qu'il reste une vis, un clip, ou une nappe.
Deux choses qu'on n'ouvre jamais
L'alimentation (le bloc métallique fermé où arrive le cordon secteur). Ses condensateurs conservent une charge à haute tension plusieurs jours après le débranchement, largement de quoi tuer. On la nettoie uniquement en soufflant à travers ses grilles, de l'extérieur, sans jamais retirer son capot. Si son ventilateur est mort, on remplace l'alimentation entière, ou on nous l'apporte.
Un écran cathodique, si vous en avez encore un. Même principe, à une échelle bien plus dangereuse.
4. Souffler correctement
Le geste paraît anodin, et c'est pourtant là que se font les dégâts. Quatre règles suffisent.
Deux méritent un mot de plus.
Bloquer la pale n'est pas une précaution de confort. Un ventilateur entraîné par un jet d'air comprimé peut dépasser plusieurs fois son régime nominal, ce qui use son palier immédiatement. Surtout, un moteur de ventilateur entraîné de l'extérieur devient une petite génératrice, et renvoie une tension vers la carte mère par son connecteur. Glissez un doigt, un crayon ou une attache entre deux pales, et soufflez ensuite.
Tenir la bombe droite non plus. Le gaz propulseur est liquide au repos, au fond de la bombe. Inclinée ou retournée, la bombe projette ce liquide, qui gèle instantanément ce qu'il touche : brûlure par le froid sur les doigts, choc thermique sur les composants. Certains gaz propulseurs sont en outre inflammables : pas de flamme ni de cigarette à côté.
Dernier point de bon sens : travaillez dehors, sur un balcon ou dans un garage. Tout ce que vous chassez du boîtier finit dans la pièce, puis dans vos poumons.
5. L'ordinateur fixe, étape par étape
Comptez une heure la première fois, une demi-heure ensuite.
Étape 1 : préparer le poste de travail
Débranchez tout et sortez la tour. Photographiez l'arrière avant de retirer les câbles : c'est la meilleure garantie de tout remettre au bon endroit. Installez-vous sur une table, dehors si possible, avec de la lumière et de quoi poser les vis.
Étape 2 : ouvrir le boîtier
Presque toutes les tours s'ouvrent de la même façon : deux vis à l'arrière, sur le bord du panneau de gauche (quand on regarde la machine de face), puis le panneau coulisse vers l'arrière avant de se lever. Sur les boîtiers récents, ces vis se dévissent à la main. Couchez ensuite la tour sur le flanc, carte mère vers le haut.
Prenez une photo d'ensemble. Vous ne le regretterez jamais.
Étape 3 : le gros du dépôt
Commencez par ce qui se voit : le fond du boîtier, les câbles, le dessus des cartes. Décollez d'abord le feutrage au pinceau, puis chassez-le à l'air. Toujours dans le même sens, de l'intérieur vers les grilles de sortie, en inclinant la tour pour que la poussière tombe dehors plutôt que dans un recoin.
Étape 4 : les ventilateurs du boîtier
Celui de l'avant aspire, celui de l'arrière souffle. Bloquez la pale, brossez les deux faces, soufflez, essuyez le cadre au chiffon sec. La poussière forme souvent un bourrelet sur le bord d'attaque des pales : c'est lui qui déséquilibre le ventilateur et le rend bruyant.
Étape 5 : le radiateur du processeur, le point critique
C'est ici que se joue l'essentiel. Souffler sur le ventilateur ne sert presque à rien : le bouchon est sous lui, entre les ailettes.
- Débranchez le câble du ventilateur de la carte mère. Repérez bien le connecteur : il est marqué CPU_FAN, et il n'y en a qu'un.
- Déposez le ventilateur seul, sans toucher au radiateur : il est tenu par quatre vis, ou par des clips que l'on écarte. Sur les radiateurs Intel d'origine comme celui de la photo, le ventilateur et le radiateur ne font qu'un : dans ce cas, contentez-vous de souffler énergiquement à travers les ailettes par le dessous.
- Brossez les ailettes dans le sens des lamelles, jamais en travers : elles se plient et ne se redressent pas.
- Soufflez à travers le bloc, du haut vers le bas, jusqu'à voir le jour au travers. C'est le seul critère valable.
- Nettoyez les deux faces des pales du ventilateur, puis remontez-le et rebranchez-le.
Ne rebranchez jamais rien de travers
Un ventilateur de processeur oublié débranché, et la machine surchauffe en quelques minutes. Beaucoup de cartes mères refusent d'ailleurs de démarrer et affichent CPU fan error. C'est une sécurité : ne la contournez pas, rebranchez le câble.
Étape 6 : la carte graphique
Si votre machine en a une (une carte enfichée horizontalement, avec ses propres ventilateurs et sa sortie écran), elle est en général aussi encrassée que le processeur, et personne n'y pense. Même méthode : bloquer les pales, brosser, souffler à travers le bloc d'ailettes. Vous pouvez la laisser en place.
Étape 7 : l'alimentation, de l'extérieur seulement
Soufflez à travers la grille extérieure et à travers son ventilateur, en le bloquant, pour chasser la poussière vers l'extérieur du bloc. Vous ne l'ouvrez pas. Si le dépôt visible à travers la grille reste important, ou si son ventilateur ne tourne plus, apportez-la nous : nous avons ce qu'il faut pour la traiter, ou pour la remplacer.
Étape 8 : les filtres et les grilles
Les boîtiers récents ont des filtres amovibles, sous la machine et derrière la façade. Ils se clipsent, se rincent à l'eau claire, et se remettent en place parfaitement secs. Comptez vingt-quatre heures de séchage : un filtre encore humide, c'est de l'eau aspirée dans la machine.
Étape 9 : les contacts et les connecteurs
Si vous en profitez pour retirer une barrette de mémoire, soufflez son emplacement et ne touchez pas les contacts dorés avec les doigts. Une barrette mal réenfichée est une cause classique d'écran noir au redémarrage : elle doit s'encliqueter des deux côtés, avec un déclic audible.
Étape 10 : refermer et redémarrer
Avant de remettre le panneau, passez cette liste :
- tous les câbles de ventilateurs sont rebranchés, en particulier CPU_FAN ;
- les connecteurs d'alimentation de la carte mère et de la carte graphique sont bien en place ;
- aucun outil, aucune vis ne traîne au fond du boîtier ;
- aucun câble ne touche une pale de ventilateur.
Refermez, rebranchez, démarrez. Écoutez : le ventilateur doit accélérer une seconde au démarrage, puis redescendre au calme. Laissez tourner dix minutes et vérifiez les températures, on y revient plus bas.
6. La pâte thermique : faut-il la refaire ?
Entre le processeur et son radiateur, une fine couche de pâte comble les micro-irrégularités des deux surfaces. Avec les années, elle sèche et se craquelle, et le contact thermique se dégrade.
Refaites-la si la machine a plus de cinq ou six ans, ou si les températures restent élevées après un nettoyage complet, ou si vous avez de toute façon déposé le radiateur. N'y touchez pas si la machine est récente et qu'elle est redevenue silencieuse : vous n'y gagnerez rien.
La méthode, une fois le radiateur déposé :
- Essuyez l'ancienne pâte sur le processeur et sur la semelle du radiateur, avec un chiffon non pelucheux ou un filtre à café imbibé d'alcool isopropylique, jusqu'à retrouver deux surfaces métalliques miroir.
- Déposez au centre du processeur une noisette de pâte neuve, de la taille d'un grain de riz. Il n'est pas nécessaire de l'étaler : la pression du radiateur s'en charge.
- Reposez le radiateur bien droit, sans le faire glisser, et serrez les fixations en croix, progressivement, pour répartir la pression.
Le piège du radiateur collé
Une vieille pâte durcie soude littéralement le radiateur au processeur. En tirant d'un coup, on arrache le processeur de son support, avec un risque réel de tordre ses broches. Faites tourner la machine dix minutes avant, pour ramollir la pâte, puis pivotez doucement le radiateur de quelques degrés dans un sens et dans l'autre avant de le soulever. S'il résiste encore, arrêtez-vous et venez nous voir.
7. Un ventilateur qui ne repart pas
Il arrive qu'un ventilateur reste muet après le nettoyage, ou qu'il gronde encore : son palier est mort, il ne se répare pas. Pour le remplacer, trois informations suffisent, toutes lisibles sur son étiquette et sur son cadre :
- la taille, mesurée d'un trou de vis à l'autre : 80, 92, 120 ou 140 mm ;
- l'épaisseur, presque toujours 25 mm ;
- le connecteur : 3 broches (vitesse fixe, pilotée en tension) ou 4 broches (pilotée en PWM). Un ventilateur 3 broches se branche sans dommage sur un connecteur 4 broches, il tournera simplement à plein régime.
Nos bacs en contiennent en permanence, récupérés sur les machines démontées, et ils partent avec le reste de nos pièces détachées d'occasion.
8. L'ordinateur portable
Tout change. Là où une tour offre du volume et plusieurs ventilateurs, un portable n'a qu'un seul chemin d'air, très étroit : l'air entre par une grille sous la machine, une petite turbine le pousse à travers un bloc d'ailettes minuscule, et il ressort sur le côté ou à l'arrière.
Conséquence directe : la poussière ne se disperse pas, elle se compacte. Elle forme une galette feutrée qui prend exactement la forme du bloc d'ailettes, et qui finit par le boucher entièrement. Les techniciens sortent parfois ce bouchon d'une seule pièce, comme un morceau de feutre.
Niveau 1 : sans rien ouvrir (dix minutes)
Machine éteinte et débranchée, batterie retirée si elle est amovible, soufflez par salves courtes dans la grille d'aspiration du dessous, puis dans la grille d'évacuation latérale. Passez le pinceau sur les grilles et le clavier.
Soyons honnêtes sur le résultat : cela n'enlève que la surface. Souffler par la grille de sortie repousse même le bouchon vers l'intérieur de la machine. C'est un entretien de routine, utile tous les trois mois, mais ce n'est pas un nettoyage.
Niveau 2 : ouvrir la trappe (une heure)
C'est le vrai nettoyage, et il est à la portée d'un débutant sur la plupart des modèles professionnels, qui sont conçus pour se démonter.
- Éteignez complètement la machine, débranchez le chargeur, retirez la batterie si elle sort par l'extérieur.
- Retirez les vis du dessous. Cherchez celles qui se cachent sous les patins caoutchouc et sous les étiquettes : ce sont celles qu'on oublie, et qui font croire que la coque est collée.
- Notez la position de chaque vis sur une feuille, comme ci-dessus. Elles n'ont pas toutes la même longueur, et une vis longue serrée dans un trou court traverse la coque, parfois jusqu'au clavier.
- Déclipsez la coque avec un outil plastique ou un vieux médiator, en faisant le tour progressivement. Vous entendrez les clips céder un à un. Aucune force n'est nécessaire.
- Débranchez la batterie interne : un connecteur large, souvent noir ou blanc, sur la carte. C'est la première chose à faire une fois à l'intérieur.
- Déposez la turbine : deux ou trois petites vis, plus un connecteur fin à débrancher en tirant bien droit, jamais de biais.
- Retirez le bouchon à la pince à épiler, par l'ouverture des ailettes que la turbine libère. C'est le geste décisif de toute l'opération.
- Nettoyez les ailettes et la turbine au pinceau et à l'air, en bloquant les pales, puis essuyez la turbine au chiffon sec.
- Remontez dans l'ordre inverse : turbine, connecteur de ventilateur, connecteur de batterie, coque, vis à leur place. Serrez sans forcer, ces filetages sont taillés dans du plastique ou de l'alliage tendre.
Trouvez le guide de votre modèle avant de commencer
Chaque portable a ses vis et ses clips. Le site iFixit publie des guides de démontage illustrés, gratuits et en français, pour des milliers de modèles. Cherchez la référence exacte inscrite sous votre machine avant de sortir le tournevis : dix minutes de lecture évitent une coque cassée.
Niveau 3 : le démontage complet
Sur certains modèles grand public, la turbine et le radiateur ne sont accessibles qu'en retirant la carte mère, et la pâte thermique doit alors être refaite. Sur d'autres, ultraportables en tête, la coque est collée et la batterie l'est aussi. Là, sauf goût prononcé pour l'exercice, venez plutôt le faire avec nous : nous avons les outils, et surtout l'habitude des pièges de chaque marque.
9. Vérifier que le nettoyage a servi
Ne vous fiez pas seulement au bruit : mesurez. Ces logiciels affichent les températures des composants.
- Sous Windows : HWMonitor, HWiNFO ou Core Temp, tous gratuits.
- Sous Linux Mint ou une autre distribution : installez lm-sensors, puis lancez
sensorsdans un terminal.
| Situation | Ordinateur fixe | Ordinateur portable |
|---|---|---|
| Au repos, bureau affiché, rien d'ouvert | 30 à 45 °C | 35 à 50 °C |
| En charge (jeu, montage vidéo, gros calcul) | 60 à 80 °C | 70 à 90 °C |
| Il reste un problème | Plus de 60 °C au repos, ou plus de 95 °C en charge avec bridage | |
Si les températures restent hautes après un nettoyage sérieux, il reste trois pistes, dans cet ordre : la pâte thermique n'a pas été refaite, un ventilateur ne tourne plus, ou le radiateur est encore bouché en profondeur.
10. Faire en sorte que ça ne revienne pas
La poussière revient toujours, mais son rythme dépend presque entièrement de l'endroit où vit la machine.
- Sortez la tour du sol. Posée sur une moquette ou un tapis, elle aspire à hauteur de plinthe, là où la concentration est maximale. Quinze centimètres de surélévation changent tout.
- Nettoyez les filtres tous les mois. C'est cinq minutes, sans ouvrir le boîtier, et c'est ce qui espace le plus les nettoyages complets.
- Ne posez jamais un portable sur un lit, un canapé ou une couette. Le tissu bouche la grille d'aspiration du dessous, et la machine s'étouffe. Une table, un plateau rigide ou un support suffisent.
- Animaux et tabac multiplient la fréquence par trois. Le goudron rend en plus le dépôt collant, et il ne part plus à l'air seul.
| Votre environnement | Tour | Portable |
|---|---|---|
| Bureau, sol dur, pas d'animaux | 1 fois par an | tous les 18 mois |
| Moquette, tour posée au sol | 2 fois par an | 1 fois par an |
| Chien ou chat dans le logement | 3 fois par an | 2 fois par an |
| Fumeurs | 3 fois par an | 2 fois par an |
| Atelier, garage, chantier | tous les 2 à 3 mois | tous les 3 mois |
11. Et si le nettoyage ne suffit pas
Une machine propre et fraîche qui reste lente n'a pas un problème de température, mais un problème de disque ou de système. Deux leviers règlent l'immense majorité des cas : remplacer le disque dur mécanique par un SSD, et porter la mémoire vive à 8 Go. Si c'est le système qui étouffe la machine, notre article sur la fin du support de Windows 10 explique comment repartir sur une base légère.
12. Le faire avec nous, à Rodez
Vous préférez ne pas vous lancer seul, ou votre portable fait partie des modèles récalcitrants ? Venez avec votre machine à l'une de nos permanences, tous les mercredis de 18h à 20h sur rendez-vous, à La Petite Recyclerie, place des Rosiers à Onet-le-Château, dans l'agglomération de Rodez. Nous ouvrons ensemble, vous faites le geste, nous vous montrons où regarder. Le plan d'accès est ici, et vous pouvez aussi nous écrire avant de venir.
Nous animons également des Repair Cafés avec la MAIF, ouverts à tous et pas seulement à l'informatique.
Enfin, si votre machine est vraiment en fin de course, ne la jetez pas : donnez-la nous. Ses pièces valides en répareront d'autres, et c'est exactement ce parcours que suivent tous les ordinateurs qui passent entre nos mains. Celui de la photo, lui, a repris du service.
Photographies : atelier de l'association RACK. Schémas : RACK.